Lot. Pour la Nuit des étoiles, le téléscope JWST décrypté à Castelnau-Montratier

A l'occasion de la Nuit des étoiles dimanche 7 août à Castelnau-Montratier dans le Lot, Christian Legrand évoquera le nouveau téléscope JWST et ses découvertes.

Une étoile est née ! Derrière le rideau de poussière et de gaz dans ces « falaises cosmiques » se cachent des bébés étoiles. A retrouver dans la conférence pour la Nuit des étoiles à Castelnau-Montratier le 7 août 2022. (©Nasa, ESA, CSA, STScl)

La Nuit des étoiles qui se réitère, chaque année, depuis 1991, permet à tous les amateurs aguerris, les curieux, et les admirateurs de la voûte céleste, de se familiariser avec le cosmos. Vaste sujet quand on sait que l’humanité terrestre ne connaît qu’une infime partie de l’Univers.

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Heureusement, il y a des passionnés qui savent « vulgariser » les mondes multiples qui composent notre galaxie. Aussi, l’amicale Sainte Alauzienne, fidèle à ses rendez-vous, sous les étoiles, organise une journée, dimanche 7 août 2022, en compagnie du club d’astronomie de Gigouzac et de l’astronome conférencier Christian Legrand à Castelnau-Montratier dans le Lot.

Au programme : à 16 h 30 : « Destination Univers » avec une conférence animée par Christian Legrand à propos du « télescope JWST, le successeur de Hubble ». 18 h : repas tiré du sac (apéro, tables et chaises fournis par l’association). De 21 heures à une heure au moulin de Boisse : observation du ciel proposée par l’Amicale Sainte Alauzie.

Destination univers avec JWST

En 2021, l’astronome amateur Christian Legrand, avait proposé de voyager sur Mars, en rappelant toutes les expéditions et les découvertes de la planète rouge. Cette année, c’est un autre défi qui attend les auditeurs, du dimanche 7 août, à 16 h 30 à la salle des fêtes de Sainte Alauzie. En effet, grâce à de nombreux clichés, sur des mondes encore inexplorés, Christian Legrand, propose de revivre une aventure extraordinaire.

Le télescope James Webb Télescope Space, qui vient de prendre la relève du télescope Hubble, va donner une nouvelle amplitude au monde de l’astronomie. Cocorico, car même si le télescope fait partie du programme de la NASA, deux des caméras sont européennes et ont été conçues en France.

De manière très synthétique, c’est le télescope spatial le plus complexe jamais réalisé. C’est pour cette raison qu’il eut plus de 10 ans de retard sur son planning, et que son budget a été multiplié par 10. « Quand un télescope est lancé, en orbite, à plus de 1,5 million de kilomètres de la Terre, une fois qu’il est dans cet espace, il faut que tout soit parfait, aucune erreur n’est permise » explique Christian Legrand, qui va faire vivre cette grande aventure, avec nombre de récits et de découvertes.

Le JWST, en place depuis plus de 2 mois, révolutionne déjà le monde de l’astronomie. Des clichés de galaxies très lointaines ont pu être pris « et jusqu’à ce jour jamais nous n’avions pu les observer. C’est aussi la première fois que l’on réussit à savoir ce qu’il a dans l’atmosphère d’une exoplanète qui tourne autour d’une autre étoile. D’arriver à savoir ce qu’il y a dans l’atmosphère d’une planète à plus d’un millier d’années-lumière* est assez incroyable » s’émerveille l’astronome.

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JSWT va donc ausculter les galaxies lointaines ainsi que les plus proches avec plus de précisions, étudier l’atmosphère des exoplanètes et les grandes planètes comme Jupiter, Saturne, Neptune et Uranus. Christian Legrand qui suit de très près toutes les avancées, les actualités en matière d’astronomie, précise : « dans les différentes conférences que je fais, j’essaye de mettre de l’enthousiasme pour emporter les gens dans cette saga de l’exploration de l’Univers tout en vulgarisant les résultats de ces recherches. Pour faire ce genre de conférence cela me demande beaucoup de préparation en amont. Par exemple, pour le télescope, je suis tout ce qui fait autour depuis le début de la construction du JWST en 2009. Ensuite, il faut classifier les informations, les photos, trouver un fil conducteur »… Christian Legrand est à n’en pas douter, doté d’une patience astronomique mais que ne ferait-il pas pour faire partager sa passion.

Observation des étoiles

Le club d’astronomie de Gigouzac grâce à leurs télescopes permettra aux spectateurs d’admirer, dimanche 7 août, dès 21 h sur le site du moulin de Boisse : la Lune, Saturne, Jupiter, Mars, la Voie Lactée, des nébuleuses, des galaxies, des étoiles doubles, des amas globulaires. Et peut-être que quelques étoiles filantes seront perceptibles, car la date n’est pas loin des fameuses Perséides (essaim de météores créant une pluie d’étoiles filantes). Christian Legrand y commentera au micro une reconnaissance des constellations ainsi que les objets qui seront observés dans les télescopes.

Starlink et la conquête de l’espace

Elon Musk, l’homme le plus riche de la planète, businessman aux multiples projets (colonisation de Mars, voiture Tesla, hyperloop…) est épris par les sciences et la technologie. Depuis février 2018, il a mis en place, un vaste champ de conquête de l’espace et d’ultraconnectivité avec son projet « Starlink » mené par son entreprise SpaceX. Démarré en février 2018 avec l’envoi de 2 prototypes, puis suivi par le lancement d’un groupe de 60 satellites, étalé sur 7 missions, de mai 2019 à avril 2020, la grille satellitaire d’Elon Musk compte actuellement 420 unités prêtes à être mise en service. Et Elon Musk, voit l’avenir en grand, puisque la constellation Starlink de SpaceX prévoit la mise en orbite de 12 000 satellites jusqu’en 2025 et de 42 000 satellites d’ici 2030 s’il obtient les autorisations nécessaires. En 2022, la constellation Starlink compte environ 2 000 satellites. De quoi attiser les convoitises quand on sait tous les enjeux que représentent les télécommunications dans un monde hyperconnecté.

Certains pays se mobilisent. Eutelsat et OneWeb, programme Européen (source Usine nouvelle du 25/07/2022) ont entamé des négociations afin de fusionner pour concurrencer Starlink et celle à venir Kuiper (3 236 appareils) mené par Jeff Bezos dirigeant d’Amazon. La Chine, de son côté, projette de mettre en orbite un réseau de près de 13 000 satellites. Mais, avec en toile de fond, la guerre en Ukraine, les Chinois jugent la constellation Starlink de dangereuse puisqu’elle vient en appui aux Ukrainiens (source L’indépendant du 1er juin 2022). Les télécommunications sont vraiment des enjeux géopolitiques fort en ce moment. Les appétits de conquête spatiale sont loin d’être inassouvis. Surtout qu’Elon Musk voit encore, encore plus loin. Grâce à sa fusée Starship il envisage d’établir une base permanente sur la Lune qui permettra ensuite d’aller coloniser Mars, avec un million de personnes. Attention, il n’y aura pas de billet retour. Son raisonnement « si l’humanité ne veut pas disparaître, il faut s’implanter sur d’autres planètes ». Utopie ou réalité, l’avenir nous le dira…

La pollution dans l’espace

Depuis que l’homme s’est lancé dans la conquête spatiale en 1957 et avec plus de 5 200 lancements, ce sont plus de 7 500 satellites qui ont été placés en orbite. Alors depuis le temps certains devenus obsolètes, percutés par des météorites… forment une myriade d’objets de toutes sortes : débris spatiaux, cadavres de satellites, fragments, vieillissement des matériaux… Selon les sources, entre 10 000 et 20 000 objets de plus de 10 cm tourneraient autour de la Terre. Dès lors la constellation Starlink et celles à venir vont augmenter de manière certaine le risque de collision. Avec une flotte importante de satellites, les risques sont d’autant plus graves.

Christian Legrand, explique pourquoi ces projets de constellations ne permettent plus d’observer le cosmos comme il faut : « À l’œil nu, nous pouvons voir environ 3 000 étoiles du coucher au lever du soleil. Avec des objets qui vont se compter bientôt par milliers, on verra certainement de nombreux points bouger au coucher et au lever du soleil, et l’été pendant une grande partie de la nuit. » Il poursuit « pour les astronomes professionnels qui font des photographies du ciel profond ce genre d’objets « polluera » les clichés, laissant des traînées à chaque passage de satellite, et ne permettra plus d’étudier l’Univers dans de bonnes conditions ».

Dans tous les cas, tant que nous pouvons encore observer la magie céleste, continuons de nous émerveiller pour mieux connaître notre univers et essayons de rester un peu humbles face à toute cette immensité céleste.

* 1 année-lumière = 10 000 milliards de km.

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